Le Japon est scindé en huit divisions administratives (voire neuf, selon qu'Okinawa est inclus ou non dans le Kyūshū) qui sont (du nord au sud) : Hokkaidō, Tōhoku, Kantō, Chūbu, Kansai (couramment appelé Kinki), Chūgoku, Shikoku, Kyūshū et Okinawa.
Les principales villes (agglomérations) du Japon classées en ordre décroissant d'habitants:
* Tōkyō (23 arrondissements spéciaux): 12 millions d'habitants sans les arrondissements
* Yokohama : 3,6 millions
* Ōsaka : 2,6 millions
* Nagoya : 2,2 millions
* Sapporo : 1,9 million
* Kōbe : 1,5 million
* Kyōto : 1,5 million
* Fukuoka : 1,4 million
* Kawasaki : 1,3 million
* Saitama : 1,2 million
* Hiroshima : 1,1 million
Cette île est peu peuplée (67,5 hab./km2 en 1990). Son insularité et son climat quasi sibérien, en font une unité naturelle homogène en dépit de sa superficie (83 520 km2). Son histoire ne remontent guère au-delà de 1869, lorsque le gouvernement de Meiji en décida la colonisation systématique au moyen de soldats-colons, qui firent place ensuite à des migrants ruraux venus des régions les plus peuplées des trois autres grandes îles. C'est donc un pays neuf, comme le montrent son paysage rural, ses maisons de construction partiellement occidentale, ses villes à caractère occidental, et le fait que sa population, à part les débris du peuple aïnou parqué dans des réserves, s'est constituée uniquement par immigration.
La cohésion interne de la région est due d'abord au pouvoir d'attraction de sa capitale, Sapporo (1,7 million d'habitants en 1991), reliée à tous les points de l'île par un réseau ferré harmonieux et dominant des capitales sous-régionales (Hakodate, Asahikawa, Kushiro, Kitami). Elle est due aussi à une économie très complète unissant la riziculture (qui fournit 5,6% de la production nationale) à une agriculture de type "occidental" (betterave à sucre, fourrages, élevage laitier), à l'exploitation forestière et à une industrie puissante (papeteries, sidérurgie surtout) lui assurant une place essentielle et originale au sein de l'économie nationale. Beaucoup d'investissement américains se sont fait dans cette région
Le Kantô : la région de Tôkyô
L'unité du Kanto est d'abord naturelle: c'est la plus vaste plaine du pays, bordée d'un cercle de montagnes et ouverte au sud comme à l'est sur l'océan; mais elle est surtout humaine: c'est l'arrière-pays de la plus grande agglomération du monde, capitale du pays, étalée au bord de la baie de Tôkyô. La bordent successivement une ceinture usinière et maraîchère, une zone où alternent champs et rizières, des collines vouées à la sériciculture, des montagnes enfin dont l'exploitation forestière, les centrales hydrauliques et le tourisme en toutes saisons ont permis la pénétration. Cette spécialisation annulaire et un réseau de voies ferrées et routières rayonnant autour de la métropole font du Kanto le type même de ces régions qui tirent leur unité de l'influence d'un grand centre urbain.
Le Tokaï : la région entre Tôkyô et Kyôto
Le Tokai lui fait suite au sud-ouest et le relie au Kansai. Ici, un certain nombre de centres régionaux - Shizuoka, Hamamatsu, Toyohashi (ex-Yoshida) et surtout Nagoya - constituent un chapelet de foyers d'urbanisation et autant de capitales sous-régionales, que marque de plus en plus la présence de la grande industrie. Le Tokai a toutefois une unité évidente, climatique et rurale d'abord: ce chapelet de plaines et de collines tièdes et abritées, les premières intensément cultivées, les secondes plantées en thé ou en arbres fruitiers, forme la plus riche région agricole du pays. Mais l'unité du Tokai est, peut-être avant tout, due à sa fonction de relation, très ancienne et développée encore à l'époque moderne.
Le Kansaï : la région de Kyôto et Osaka
Le Kansai fut le centre de la culture nationale, grâce à la présence de Kyoto, la capitale impériale jusqu'au siècle dernier: le couloir de plaines qui le traverse du nord-est au sud-ouest, depuis le lac Biwa jusqu'à la mer Intérieure, constitue le deuxième foyer de peuplement et d'industrie du pays. Osaka, déjà soudée à Kobe, rejoint rapidement Kyoto à cinquante kilomètres de là, formant une traînée urbaine de près de cent kilomètres, couverte d'usines et colonisant inlassablement les rivages de la mer intérieure depuis Wakayama jusqu'à Himeji. Cette plaine enfin concentre toutes les voies ferrées unissant le nord de l'archipel à l'ouest.
L'Ouest d'Honshû
L'ouest du pays commence par les deux rivages de la mer Intérieure, dont le rôle fut d'abord d'assurer le passage entre le Kansai et Kyushu. Ici aussi, de grosses capitales féodales: Takamatsu et Matsuyama (Shikoku), Himeji, Okayama, Hiroshima, furent les centres d'autant de sous-régions traditionnelles homogènes et sont devenues les noyaux de sous-régions industrielles modernes. L'unité de la région demeure cependant marquée, climatique (sécheresse et luminosité) et agricole (riz, arbres fruitiers), à la façon du Tokai
L'île de Kyûshû
C'est à Fukuoka, ville principale de la plus occidentale des régions actives du Japon, dans le nord de Kyushu, qu'aboutissent route et voie ferrée partant de Tôkyô (12h en shinkansen). Cette vieille région agricole et artisanale a été la tête de pont de la civilisation chinoise, venue en partie par la Corée; elle a reçu ensuite la première aciérie moderne du pays (à Yahata en 1901) et conserve en 1981 ses seuls bassins houillers. L'agglomération de Kitakyushu, sur le détroit de Shimonoseki, à 50 kilomètres de la métropole bancaire, administrative et intellectuelle de Fukuoka, et, un peu plus loin, celle d'Omuta, constituent le dernier foyer à l'ouest de l'industrie lourde japonaise.
