Le Bunraku (文楽) est un Type de Théâtre Japonais Né au Cours du XVIIe Siècle. Les Personnages y sont Représentés par des Marionnettes de Grande Taille, Manipulées à Vue.
Tradition Théâtrale plus Particulièrement Originaire de la Région d'Ôsaka, le Bunraku est Interprété par un Seul Récitant qui Chante tous les Rôles, et Trois Manipulateurs pour chaque Marionnette. Les Marionnettistes sont à Vue du Public et Utilisent soit la Gestuelle "Furi" (ふり), plutôt Réaliste, soit la Gestuelle "Kata" (型), Empreinte de Stylisation, selon l'Emotion Recherchée.
Les Montreurs
Chaque Marionnette Principale Requiert l'Intervention de Trois Montreurs.
Le Chef Montreur, "Omo Zukai" (主ずかい), Contrôle de la Main Gauche la Tête en Tenant un Bâton équipé de Leviers, et de la Main Droite, la Main Droite de la Marionnette. Le "Hidari Zukari"(左ずかり), Contrôle la Main Gauche de la Marionnette de sa Main Droite. Enfin, le "Ashi Zukari" (足ずかり), Contrôle les Pieds et les Jambes de la Marionnette.
Les Marionnettes de Femme n'ayant pas de Jambes, il doit Evoquer leur Forme en Passant ses Mains dans le Bas du Vêtement de la Marionnette. Une telle Organisation Impose un Grand Degré de Coordination entre les Trois Montreurs afin d'Obtenir un Mouvement Naturel de la Marionnette.
La Formation du Marionnettiste est Très Longue. Le Montreur Commence par Manipuler les Pieds, puis la Main Gauche, et enfin la Main Droite et la Tête. Un Ancien Adage veut qu'il Faille Dix Ans pour Maîtriser les Pieds, et encore Dix Ans pour la Main Gauche. Les Marionnettes étant à la fois Hautes, de 1,20 m à 1,50 m, et Lourdes, le Chef Montreur Porte des Geta Surélevées de 20 cm à 50 cm afin de Soulager son Bras Gauche, qui Porte l'Essentiel du Poids de la Marionnette.
La Présence de Trois Manipulateurs constitue un Facteur de Distraction pour l'Audience. C'est Pourquoi le Bunraku a Importé du Kabuki l'Usage du "Kurogo" (黒衣), la Robe Noire, qui Suggère une Motion d'Invisibilité du Montreur. Cependant, quand le Public Réalise qu'il ne s'agit que d'une Marionnette, le Désir est Grand de Voir qui la Contrôle.
Aussi, le Chef Marionnettiste opère-t-il nue-tête, alors que ses Assistants sont Parfois Encagoulés, Revêtant parfois le Même Habit Traditionnel que le Chanteur et le Joueur de Shamisen, un Hakama (袴) et une Casaque Large aux Epaules (Kataginu, カタギヌ), Marquée du Blason de sa Famille.
L'Habit Traditionnel est, comme au Kabuki, Reservé aux Pièces se Déroulant dans un Cadre Historique, Mettant en Scène des Familles Nobles, alors que la Tenue Noire est celle des Comédies de M½urs ou des Drames.
Les Marionettes
La Tradition des Marionnettes au Japon Remonte au moins à la Période Heian (784–1185). Les Ecrits de l'Epoque Mentionnent l'Existence de Montreurs de Marionnettes Itinérants, dits "Airaishi" ou "Kugutsumawashi". Au XIIIe Siècle, on Retrouve de tels Montreurs Principalement dans les Temples, pour Finalement devenir Liés au "Jôruri" (浄瑠璃) à la Fin du XVIe Siècle.
Les Montreurs se Produisaient alors Dissimulés Derrière un Rideau à Hauteur d'Epaules, les Marionnettes étant Manipulées les Bras Levés. Avec un seul Montreur, les Mouvements des Poupées étaient alors Limités.
En 1734 fut Introduite l'Idée de Doter chaque Marionnette de Trois Manipulateurs, passant ainsi de Marionnettes à Gaine à des Marionnettes à Contrôles, dont les Mouvements sont Dirigés par un Système de Leviers. C'est sans doute aussi à cette Epoque que l'Organisation de la Scène est Modifiée pour Permettre aux Trois Marionnettistes d'Opérer Simultanément. Ceux-ci se Retrouvent ainsi Exposés à la Vue du Public, et sont Habillés d'un Costume Noir, Couleur Conventionnelle de l'Invisibilité dans le Kabuki. C'est également à cette Occasion que les Marionnettes Prirent leur Taille Actuelle, qui va de 120 cm à 150 cm, soit Deux Tiers de la Taille Humaine.
Le Jôruri
Le Jôruri est une Forme de Narration Fondée sur la Tradition plus Ancienne du Heikoku, où un Récitant Raconte l'Histoire Tandis qu'un Musicien au Biwa (Luth Japonais) donne l'Ambiance à l'aide de Thèmes Musicaux.
Initialement Réservée au récit du Dit des "Heike" (Heike Monogatari, 平家物語), cette Forme de Narration élargit au XVe Siècle son Répertoire à d'autres Récits Classiques, et Devient alors le "Jôruri" (浄瑠璃), d'après le Conte de "La Princesse Jôruri et les Douze Rois-Gardiens".
Aux alentours du XVIe siècle, le "Sanshin" (三線,) est Importé d'Okinawa (alors Royaume des Îles Ryûkyû), se Transforme en Shamisen (三味線). Ce Nouvel Instrument, plus Versatile, Remplace le Biwa pour l'Accompagnement des Récitants ainsi que pour les Spectacles de Marionnettes, ces Dernières s'Invitant ainsi dans les Récits du Jôruri...
Du Jôruri Au Bunraku
En 1811, un petit Jôruri d'Ôsaka était le Seul Endroit où se Tenaient Régulièrement des Représentations de Jôruri. Le Propriétaire, Uemura Bunrakuken, fit Déplacer cette Salle à Matsushima en 1872, où elle Ouvrit sous le nom de "Bunraku-za", Donnant son Nom Actuel à cet Art.
La fin du XIXe siècle vit un Retour en Grâce du Bunraku, qui se Trouva Durablement un
Public dans les Classes Commerçantes Favorisées par l'Ere Meiji. Officiellement reconnu comme faisant partie du Partimoine Culturel Japonais en 1955, le Bunraku se Sépara de la Tutelle de Compagnies en 1963 pour Fonder ses Propres Salles de Spectacle.
Les Troupes furent d'abord Hébergées par le Théâtre National à Tôkyô, mais la Politique du Théâtre de ne Montrer que des Pièces entières Echouait à Attirer un Jeune Public.
En 1984 fut Achevé le Théâtre National de Bunraku à Ôsaka.
En 2003, le Bunraku fut Ajouté à la Liste du Patrimoine Mondial de l'Humanité par l'Unesco...